Porcaro 2026

Revenons à la signification du 15 août. Cette date correspond à la fête de l'Assomption et commémore la fin de la vie terrestre de la Vierge Marie, élevée directement dans la gloire de Dieu, corps et âme.

Le 15 août est un jour férié en France depuis 1638, année où le roi Louis XIII consacra le royaume de France à la Vierge Marie afin d'obtenir un héritier, le futur Louis XIV. Il décréta également que le 15 août serait un jour chômé. Depuis lors, cette journée est marquée par des messes et des processions en l'honneur de la Vierge Marie.

Parlons maintenant du village de Porcaro. Son nom vient du breton "Porzh" (cour fermée) ou (maison) et de l'ancien nom de personne "Caro" ou "Karozh", signifiant ainsi (la maison de Caro). En breton, le nom complet du village est "Porzh-Karozh".

Porcaro est issu du démembrement de la paroisse primitive de Guer. Ancienne "Trève*" de Guer, la localité fut érigée en paroisse indépendante en 1843 autour de l'église Notre-Dame. Elle devint ensuite une commune à part entière le 1er janvier 1860.

* une trève étant une subdivision paroissiale

La Madone des Motards

Les origines et les fondateurs

L'histoire commence en 1953, lorsque Pierre Bégasse, de l'Amicale Motocycliste de Rennes, vient animer les fêtes des différentes paroisses desservies par l'abbé Louis Prévoteau. Peu à peu, ce dernier s'imprègne de la culture motocycliste en participant à divers rallyes et, en 1977, effectue un pèlerinage à Fatima, au Portugal, d'où il rapporte une statue de Notre-Dame de Fatima.

C'est ainsi que naît, le 15 août 1979, la Madone des Motards, à l'initiative de l'abbé Louis Prévoteau et de Jean-Yves Morel, rencontré au Moto-Club de Rennes. Cette première édition réunit 38 participants.

L'oratoire de la Madone des Motards

En 1988 débute la construction de l'oratoire de la Madone des Motards. Sa réalisation est entièrement assurée par des bénévoles.

En 1989, l'oratoire est achevé et inauguré à l'occasion de la Madone des Motards du 15 août.

En 2003, l'abbé Louis Prévoteau passe le relais.


Ce petit historique recadre l'histoire d'un lieu et permettra de mieux comprendre ce qui va suivre.

Depuis des années des milliers de motards sont venu sur le site de la Madone des motards, et chacun à vécu un moment unique et il y a autant d'histoire à raconter sur Porcaro qu'il y a eu de participants.

Certains veulent nous raconter une histoire unique et en deviennent même très agressif quand certains ne disent pas comme eux. Ils se sont approprié le nom "Madone des Motards" et l'ont déposé et protégé en l'inscrivant à l’INPI (je reviendrai sur ce sujet plus loin).

Jusque là je me dis, pourquoi pas. Mais comme écrit plus haut, il y a autant d'histoire à raconter sur Porcaro qu'il y a eu de participants, chacun a vécus sont moments à lui, beaucoup sont venu hors du 15 août pour déposer une plaque pour un(e) ami(e), mère, père, frère, sœur partis trop tôt là-haut par suite d'un accident de moto ou autres.

Comme ce fut le cas pour nous en 2023, lorsque nous avons accompagné notre ami Mario là-haut.

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Il y a une histoire unique sur sa création et de ses fondateurs.

Mais n'oublions pas ces milliers d'autres histoires avec toutes les personnes qui ont vécu un moment à Porcaro et qui ont contribué, chacun à sa manière, à écrire l'histoire de la Madone des Motards. Ce qui fait de ce lieu un endroit unique.

On ne peut pas non plus mettre tout ceci sous le tapis simplement parce qu'elles ne plaisent pas ou parce qu'elles ne font pas partie du "Clan".

Le mot est lâché : "Le Clan".

Selon moi, certaines personnes se sont progressivement approprié la Madone des Motards au fil des années en plusieurs étapes : d'abord en occupant les postes clés en qualités de bénévole, puis en écartant ceux qui ne pensent pas comme eux, ensuite en réécrivant une partie du passé, en oubliant volontairement certaines personnes, et enfin en verrouillant la communication.

Lorsque ces quatre étapes sont réunies, il devient alors beaucoup plus facile de faire disparaître tout ce qui dérange.

Attention notons que ce schéma de fonctionnement a été mis en place dans pas mal d'autres organisations ; depuis des lustres et vu comment devient notre société "très binaire", nous somme loin d'avoir tout vu.

Mais bon, passons

Venons-en également à ce que ce mode de fonctionnement a entraîné dans le déroulement de ce rendez-vous.

Déjà dans les années 1990, beaucoup dénonçaient la dérive de celui-ci. Certains participants considèrent ce rendez-vous comme un simple "rencard", selon leurs propres termes, et non comme un week-end de recueillement suivi d'une bénédiction.

Bénédiction permettant aux motardes et aux motards d'invoquer la bienveillance divine de Dieu sur eux et sur leur moto.

Je reconnais qu'elle n'a rien de magique, mais, pour ceux qui la reçoivent et y croient, elle est un rappel à la prudence et à la responsabilité sur la route.

En 1995, dans le journal La Croix, j'exprimais déjà mon inquiétude face à la présence de certains médias qui, à mes yeux, ne recherchaient que le sensationnel. Ils étaient prêts à tout pour obtenir des images de burns et de rupteurs. N'oublions pas qu'à cette époque, l'image de la moto était souvent réduite à "l'alcool, vitesse et rock'n'roll". Quant à la dimension œcuménique** de ce rassemblement, elle ne les intéressait guère.

** Les initiatives œcuméniques rassemblent des personnes de différentes confessions autour d'un temps de prière ou de recueillement. Dans le cas présent, il s'agit d'une bénédiction destinée aux motardes, aux motards et à leurs motos.

Si vous souhaitez consulter le texte complet de l'époque, il vous suffit de cliquer sur l'image.

Depuis les événements du Mans en 1992, de nombreux médias saisissaient chaque occasion pour montrer les motards sous un jour défavorable plutôt que de mettre en avant les valeurs de partage, de solidarité et de recueillement qui animaient pourtant la majorité des participants.


Voir les six coupures de presse consacrées aux événements du Mans en 1992.

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Le seul souvenir de ce Week-end a été que je suis rentré par nationale à max 70 km


En dehors de cette intervention dans "La Croix" en 1995, je tenais le même discourt en 2013 dans "Ouest France".

Si vous souhaitez consulter le texte complet de l'époque, il vous suffit de cliquer sur l'image.

Je ne suis pas le seul à avoir ressenti cela. Voici quelques témoignages recueillis sur Facebook à la suite d'un échange. Je peux vous assurer que ce type de ressenti est partagé par de nombreux motards et motardes ayant participés à la Madone.

Je précise que tous les témoignages que vous allez découvrir ci-dessous ont été rendus totalement anonymes afin de préserver l'identité de leurs auteurs.

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Oui !

La médiatisation de 1995 a profondément changé les choses. Nous sommes passés d'un rassemblement de recueillement Catholique à une concentration moto où, pour beaucoup, le but principal est devenu de faire la fête autour de plusieurs litres de bière.

Petit à petit, trois groupes se sont constitués autour de l'événement : le presbytère, le Team de la Madone et l'organisation de la Madone.

Chacun est libre d'avoir son opinion. Cependant, au fil des années, ces trois groupes ont été amenés à travailler ensemble, sans que cela se fasse toujours dans l'harmonie.

De nombreux bénévoles ont parfois eu du mal à comprendre qui faisait quoi. J'ai moi-même été témoin de tensions et de désaccords entre certains membres de ces différentes structures organisatrices.

Comme dans toute organisation, il arrive que certains bénévoles, parce qu'ils portent telle ou telle chasuble ou occupent une fonction particulière, se croient supérieurs aux autres. Il serait souhaitable que ces comportements soient davantage encadrés afin de préserver l'esprit de service et de fraternité qui devrait animer tous les bénévoles.

Notre société devient de plus en plus individualiste et centrée sur elle-même. Malheureusement, ce phénomène touche aussi le monde associatif. Là où les bénévoles devraient avancer côte à côte pour une même cause, partager leurs expériences, échanger leurs idées et construire ensemble, il arrive qu'ils se retrouvent face à face, chacun défendant son territoire comme si les autres étaient devenus des adversaires, alors qu'ils œuvrent tous bénévolement pour une même cause.

Avant de parler de 2026, revenons sur 2016

Nous sommes le 10 août 2016. La préfecture, invoquant une menace terroriste avérée à la suite des attentats du 13 novembre 2015 et l'impossibilité de garantir une sécurisation suffisante du site de Porcaro, décide d'annuler l'autorisation du rassemblement prévu le 15 août. Pourtant, de nombreux motards avaient déjà prévu d'arriver sur le site dès le 13 août.

Malgré cette décision préfectorale, plusieurs appels à maintenir le rendez-vous sont lancés sur les réseaux sociaux. Pour ma part, le 10 août, j'avais lancé le mot d'ordre "Même pas peur !", invitant les motards à se retrouver le 14 août afin de maintenir ce rendez-vous.

Le 12 août, la préfecture réagit rapidement dans les médias en rappelant que les personnes appelant à se rendre à la Madone malgré l'interdiction s'exposaient à d'éventuelles poursuites.

Si vous souhaitez consulter le texte complet de l'époque, il vous suffit de cliquer sur l'image.

À ce jour, aucune poursuite n'a été engagée à notre encontre. Vous pouvez d'ailleurs en découvrir le récit dans notre reportage.


Nous arrivons maintenant à 2026.

L'annulation de la Madone des Motards est annoncée. Comme en 2016, j'ai donc décidé de lancer l'appel suivant :

Dans cet appel, je ne parle que de la messe du 15 août et non de la Madone des Motards. J'évoque uniquement le lieu, rien de plus.

Pourtant, les foudres de certains se sont immédiatement abattues sur moi et, à mon avis, sur toutes celles et tous ceux qui ont appelé, sur Facebook, à se rendre à Porcaro ce 15 août 2026.

La page officielle publie alors le message suivant :

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Ma réponse à ce post

Je ne vois pas en quoi notre appel à venir assister à une messe, comme l'ont fait de nombreux motards et motardes, porterait atteinte à la tradition ou à l'esprit de la Madone des Motards. Mais bon… certains, lorsque le sage leur montre la lune, ne regardent que le doigt.

Il m'a également été expliqué que cet appel pourrait être utilisé par la préfecture comme argument pour remettre en cause l'édition 2027. Personnellement, je trouve cet argument peu convaincant, mais chacun est libre de se faire son opinion.

Il m'a aussi été précisé que je n'étais pas autorisé à utiliser l'appellation "Madone des Motards", celle-ci ayant été déposée et protégée.

Je peux comprendre que l'appellation "Madone des Motards" soit protégée lorsqu'elle est utilisée dans un cadre commercial ou à des fins d'exploitation. En revanche, s'agissant d'un article, d'un témoignage ou d'un simple échange, je m'interroge sur la portée d'une telle interdiction.

D'ailleurs, dans notre appel, il n'est jamais question de la "Madone des Motards". Nous parlons uniquement de Porcaro, de la messe du 15 août, et rien de plus.

J'ai donc répondu à la personne qui nous demandait de ne pas utiliser cette appellation que, si elle estimait que nous étions dans l'illégalité, elle pouvait engager les démarches qu'elle jugeait nécessaires.

Pour ma part, je ne pense pas que la venue de certains motards et motardes à Porcaro le 15 août 2026, puisse mettre en péril l'organisation de l'édition 2027 auprès de la préfecture. Il me semblerait au contraire plus constructif de s'appuyer sur l'expérience de celles et ceux qui connaissent Porcaro depuis de nombreuses années plutôt que d'entretenir des tensions qui, à mes yeux, n'apportent rien au débat.

Enfin, j'ai reçu plusieurs messages privés et appels anonymes à caractère menaçant. Leur anonymat ne leur confère, à mes yeux, aucune crédibilité. Je n'en tiens pas rigueur à leurs auteurs, même si je regrette que certains préfèrent attiser les divisions plutôt que de favoriser le dialogue.

Ces réactions me confortent dans l'idée que ce sujet suscite des tensions profondes. Les enjeux humains, symboliques et, peut-être aussi, financiers autour d'un rassemblement d'une telle ampleur peuvent parfois conduire à des réactions que je considère comme disproportionnées.

Mais tout à été fait sur les réseaux sociaux pour qu'il y ai moins de participant à la messe du 15 Août, et surtout pas beaucoup de motards, car dans leur scénario seul "EUX" on des droits sur la Madone du 15 août !

Toutes organisations a des besoins

Lors du 15 août 2026, plusieurs personnes m'ont dit : "Cette année, pouvons-nous entrer gratuitement en ville !"

En effet, l'année précédente, une participation de cinq euros avait été demandée à chaque motard prenant part à la bénédiction. Je peux comprendre cette démarche lorsqu'il s'agit de financer un campement, des infrastructures ou la sécurisation du site. En revanche, la question peut se poser pour celles et ceux qui viennent uniquement assister à la bénédiction.

Je ne porte pas de jugement. J'espère simplement que, pour 2027, l'organisation entendra les remarques de nombreux motards qui se sont progressivement éloignés de Porcaro en raison de plusieurs évolutions : la place prise par l'alcool, le coût demandé pour la bénédiction, le comportement de certains participants qui confondent les rupteurs avec le recueillement, l'attitude de certains bénévoles, ainsi que d'autres sujets régulièrement évoqués.

Beaucoup continuent de venir à Porcaro par tradition, le week-end du 15 août. Pourtant, ils ne se reconnaissent plus toujours dans ce que ce rassemblement est devenu. Cette majorité silencieuse reste fidèle à ce rendez-vous, mais si rien n'évolue, elle pourrait un jour choisir de s'en détourner.


RENDEZ-VOUS DU 15 AOÛT 2026

Nous ne serons que cinq !

Océane, Alex, Piglou, Nounours et ma pomme.

Beaucoup, au dernier moment, ont annulé leur venue, à la suite d’une campagne de publications des organisateurs de Porcaro sur leur page Facebook, qui demandaient de ne pas venir, précisant que rien n’était organisé, etc...

Malgré tout, nous avons passé un superbe moment, bien qu’on nous ait annoncé le pire...

EH BIEN NON !

OUI ! L’ambiance était morose. Il n’y avait plus ou moins que 300 motos, maximum ! Mais il n’y avait que des personnes venues pour le symbole : celui d’être présentes en ce 15 août 2026.

Beaucoup avaient prévu de faire une petite balade entre amis, en petit comité, après la messe.

Je suis peut-être un peu acide au début de ce reportage, car je mets en avant des vérités trop souvent mises sous le tapis depuis trop d’années.

Toutes les personnes, que j’ai croisé et à qui j’ai exposé l’axe de mon article m’ont répondu qu’il fallait bien qu’un jour, tout soit mis sur la table afin d’ouvrir le dialogue.

Mais beaucoup ne croient pas à un grand changement dans les années à venir, et encore moins à une véritable ouverture au dialogue. Ils restent tout simplement fatalistes ou réalistes.

Avant de vous présenter ces trois témoignages de participants, j’ai été heureux de retrouver certaines têtes croisées lors de différents rassemblements, ou encore à Camaret.

C’est aussi cela, finalement, qui fait la force de ce rendez-vous : retrouver des visages connus, partager quelques souvenirs et, malgré les années qui passent, constater que certains liens restent présents.

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Témoignage d’Océane

 

Aujourd’hui, le 15 août 2026, j’ai eu la chance de participer pour la première fois à la Madone des Motards à Porcaro. J’étais tellement excitée à l’idée de pouvoir enfin vivre ce moment, de découvrir cette histoire, ce village et surtout cette tradition autour d’une passion qui nous rassemble tous : la moto. L’ambiance, le recueillement et les émotions que l’on ressent autour de cette passion commune sont quelque chose de vraiment particulier.

Cette année avait une saveur différente, puisque cette édition n’était pas prévue. Malgré cela, quelques motards venus de différentes villes ont tout de même répondu présents. Même si nous étions moins nombreux que lors des éditions habituelles, j’ai été touchée de voir que certains avaient fait le déplacement pour être là et faire vivre cette tradition.

Malheureusement, je suis également repartie avec une certaine déception. Personnellement, j’ai eu le sentiment d’avoir simplement participé à une messe sans réellement ressentir le soutien, la protection et l’hommage traditionnel dus aux motards. La bénédiction, faite très rapidement, ne m’a pas particulièrement touchée : "Je bénis les motards et leurs motos. N’hésitez pas à aller derrière manger des galettes aussi ce midi".

Ces quelques mots m’ont laissée perplexe. Je me suis demandé : sommes-nous vraiment au même niveau qu’une galette-saucisse ?

Étant une jeune motarde, je tenais énormément à faire bénir la cloche*** que mon conjoint m’a offerte. Pour moi, elle représente quelque chose de symbolique et d’important. J’aurais vraiment aimé pouvoir prendre quelques instants pour ce moment, mais malheureusement, aucun véritable temps ne nous a été accordé.

Je me suis donc sentie un peu mise à l’écart, avec le sentiment que cette journée n’avait finalement pas réellement été consacrée aux motards comme je l’imaginais. Malgré cette déception, je ne peux pas oublier la beauté de cette tradition et tout ce qu’elle représente.

J’espère sincèrement que l’année prochaine ne me fera pas changer d’avis et que je pourrai ressentir pleinement cette communion, cette protection et cet hommage aux motards qui, pour moi, font toute la magie de la Madone des Motards.


. ***La petite clochette que l'on voit souvent accrochée sous les motos s'appelle une "Guardian Bell" (ou cloche de gardien / cloche à gremlins). C'est un accessoire très populaire dans la culture motarde.

Sa signification, selon la croyance populaire des motards, vient de l'existence de petits esprits malveillants appelés les "gremlins de la route". Ce sont eux qui seraient responsables des pannes mécaniques inexpliquées, des crevaisons et des petits incidents de parcours.

Le tintement de la clochette perturbe les gremlins et les enferme à l'intérieur du métal.

La Guardian Bell doit être offerte ! Au-delà de la légende, la clochette a une forte valeur symbolique de fraternité et de solidarité. La tradition veut que l'on ne s'achète jamais sa propre clochette. Elle doit impérativement être offerte par un(e) ami(e), un membre de la famille ou un autre motard.

Lorsqu'on vous l'offre, cela signifie : "Je tiens à toi, je veux que tu roules en sécurité et que tu reviennes entier".

Son pouvoir protecteur est censé être décuplé lorsqu'elle est offerte par quelqu'un qui tient à vous. En résumé, c'est à la fois un porte-bonheur, un clin d'œil superstitieux et une belle preuve d'amitié entre motards.

Le simple fait qu'elle soit offerte lui donne toute sa valeur symbolique. Elle n'a pas besoin d'être bénie, car le simple geste de la personne qui l'offre suffit à apporter protection.

Témoignage d’Alex

 

Je me présente : Alexandra, jeune femme de 37 ans et maman de trois magnifiques enfants.

Originaire de l’Aisne, je suis adoptée par la Bretagne depuis maintenant 25 ans.

Étant plus jeune, j’étais très croyante. J’allais à la messe tous les dimanches, j’ai fait ma communion et je priais très souvent. Et puis, à mes 8 ans, ma croyance en Dieu a cessé à la suite du décès de ma grand-mère paternelle.

C’était une femme, une maman et une mamie exceptionnelle. Une vraie mamie des années 80/90, qui nous préparait des tartes tous les dimanches, avec son tablier à fleurs.

Je ne comprenais pas pourquoi on avait osé me la retirer alors que j’avais tellement prié pour la garder auprès de nous plus longtemps.

J’ai grandi avec un papa motard et routier, qui nous emmenait en balade dès qu’il était là, le week-end, sans vraiment penser à ma croyance en Dieu.

Puis j’ai grandi, je suis devenue maman. Malgré le fait que j’en voulais toujours à Dieu, j’ai voulu baptiser mes enfants, l’un après l’autre, car, inconsciemment, je voulais qu’ils puissent avoir cette protection dont ils pourraient avoir besoin.

Et puis, en les regardant grandir, on s’inquiète. On souhaite qu’il ne leur arrive rien.

Je me suis rendu compte que, lors de la première hospitalisation de ma deuxième fille, j’ai prié chaque jour pour qu’elle s’en sorte. Je l’ai supplié de ne pas me prendre ma fille.

Mes enfants sont volontairement dans une école catholique, afin qu’ils puissent malgré tout recevoir un enseignement sur le Christ que, moi-même, je ne pouvais pas leur apporter.

Mes parents n’ont jamais été très croyants. Ils ne prient pas et ne vont pas vraiment à la messe. Le père de mes enfants non plus.

Aujourd’hui, mon nouveau compagnon est également motard, et je suis sa copilote depuis presque deux ans.

Nous roulons très souvent à deux et faisons de jolies rencontres au fil de l’année. Et, pour un motard, un rassemblement essentiel est bien entendu celui de la Madone des Motards, à Porcaro.

Lorsque la proposition d’une balade pour rejoindre le cortège, ce 15 août 2026, nous a été faite, nous avons décidé d’y participer et de rejoindre l’organisateur, Bruno, plus connu sous le nom de "Bruno Le Taz".

Un merveilleux personnage, un homme rempli d’anecdotes qu’il raconte avec plaisir, toujours animé par l’envie de partager son amour de la moto avec les autres.

Participer à cette journée me tenait à cœur pour diverses raisons.

La première, c’était de me rapprocher de mon conjoint dans ce contexte de rassemblement motard, avec cet esprit familial et le plaisir de rouler tous ensemble.

La deuxième, c’était de découvrir de mes propres yeux ce contexte particulier, qui allie le monde de la moto et les croyances personnelles.

Et surtout, malgré mes quelques réticences et mes interrogations sur le fait de croire réellement ou non en Dieu depuis toutes ces années, je tenais à être bénie, ainsi que mon conjoint et sa moto.

Pouvoir me dire que nous serions, malgré tout, protégés lors de nos balades et de nos déplacements à moto.

Pouvoir rentrer à la maison le soir et retrouver mes enfants.

Nous sommes arrivés sur le site de la bénédiction. Il y avait déjà d’autres motards sur place et nous avons salué certains d’entre eux.

Je suis entrée dans l’oratoire et mon cœur s’est serré.

Beaucoup de portraits de défunts, de tous âges, même de personnes très jeunes… Et, à ce moment-là, on prend conscience que chaque vie peut basculer en un instant.

Finalement, cette messe n’est pas seulement pour soi-même. On demande aussi à Dieu de veiller et de prendre soin de chaque personne présente, mais également de leurs proches, sur la route comme dans la vie.

Participer à ce rassemblement et à cette messe m’a permis de confirmer que le monde motard est une véritable famille.

Les gens y participent pour des raisons qui leur sont propres, mais, finalement, nous souhaitons tous la même chose : protéger nos proches et préserver cet esprit de partage qui nous unit.

Merci à "Bruno Le Taz", de nous avoir proposé cette balade. C’est une personne qui a le cœur sur la main, avec une véritable envie de transmettre aux autres ses connaissances en tant que motard, ses souvenirs et, surtout, sa passion pour la moto.

Un grand merci à ce grand monsieur, une personne au grand cœur !

Prenez soin de vous et de vos proches. La vie est précieuse.

Merci de ces deux témoignages mesdames.

Conclusion

N'attendez pas de moi que je tire sur l'ambulance. Mon souhait est simplement qu'en 2027, la "Madone des Motards" puisse être organisée et ait bien lieu.

De plus, des changements importants sont annoncés. Il convient donc d'attendre et de juger sur les faits, une fois que l'édition 2027 sera mise en place.

Lors de la rédaction de cet article, certaines personnes m'ont affirmé que je n'avais jamais rencontré l'abbé Prévoteau. Je souhaite donc simplement apporter un élément de réponse en publiant un extrait d'un compte rendu de réunion de la Commission Tourisme de la FFM datant de février 1999.

Ce document a été volontairement tronqué de certains éléments qui n'apportaient rien au sujet traité.

Si vous souhaitez consulter le texte complet en format PDF, il vous suffit de cliquer sur l'image.

Je ne rentrerai pas dans le concours du "moi, je le connaissais mieux que toi", et autres comparaisons de ce genre.

Pour terminer cet article, même s'il n'est lu que par 10 ou 20 personnes au maximum, comme certains ont pu me l'écrire, cela m'est complètement égal. Peu importe le nombre de lecteurs : il existe, il est publié, et c'est tout.

Alors une question se pose : pourquoi, depuis l'annonce de sa mise en ligne, m'a-t-on demandé à plusieurs reprises de ne pas le publier ?

Certains avancent comme expliqué plus haut, que cela pourrait mettre en danger l'organisation de 2027, ou encore que mes propos ne seraient qu'une vision personnelle accompagnée de mauvaises interprétations.

Je précise simplement qu'une volonté de me faire taire est, pour moi, la meilleure façon de renforcer ma détermination à continuer.

Mais attention : bien que Porcaro soit considéré comme l'un des premiers grands pèlerinages de motards en France, il n'est pas le seul. Il en existe de nombreux autres, comme celui de Camaret depuis 2013, ou encore le Pèlerinage des Motards de Lourdes, organisé par l'Union Motocycliste Pyrénéenne (34 éditions).

La liste est longue : la bénédiction des motards à Notre-Dame de la Garde à Marseille, celle de Saintes-Maries-de-la-Mer, ou encore la bénédiction des motards et de leurs motos à Montligeon, situé dans le Parc naturel régional du Perche. Il existe également une bénédiction des motards sur le parvis de la basilique-cathédrale Notre-Dame de la Treille à Lille.

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Et ce n'est pas tout. Même autour de nous, en Bretagne, d'autres rassemblements et pèlerinages de motards existent, avec une bénédiction souvent gratuite, il y a un tronc libre pour ceux qui veulent bien donner, sans aucune obligation.

Je n'ai pas effectué de recensement précis, mais il existerait plus d'une soixantaine de rendez-vous de ce type partout en France. Beaucoup restent à taille humaine, centrés autour d'une même valeur spirituelle : un temps de recueillement, une bénédiction des motos et des pilotes, sans artifices, dans l'esprit de ce qu'était Porcaro à l'origine.

Restons positifs et donnons rendez-vous au 15 août 2027, afin que nous puissions juger sur les faits la nouvelle organisation de ce rendez-vous mythique.

Espérons que cet événement retrouve une dimension plus humaine et qu'il puisse se détacher de cette course permanente à vouloir être le premier ou le plus grand, pour revenir à ce qui a toujours fait sa force : le partage, le recueillement et la fraternité entre motards.

Final

Reprenons l'Évangile de l'apôtre Jean, dont voici un extrait : (Ce texte est largement inspiré du site "Le Jour du Seigneur")

Jésus fit un fouet avec des cordes. Il chassa les vendeurs du Temple, renversa les comptoirs des changeurs d'argent et jeta leur monnaie à terre. Quelle violence !

Ce Jésus, dont on a si souvent évoqué la douceur… L'enjeu devait donc être important. Y aurait-il eu des abus malhonnêtes ou des détournements de fonds ?

L'affaire est pourtant bien plus profonde que cela. En effet, on se trompe souvent en pensant que Jésus a simplement voulu chasser du Temple les activités commerciales.

Ce serait un peu comme s'il s'en prenait aujourd'hui uniquement aux marchands proposant des souvenirs religieux, des objets à l'effigie de lieux saints ou des articles de dévotion.

Ce n'est pas cela

Jésus avait deux reproches principaux pour agir ainsi :

Le premier : "Vous faites de cette maison de prière une maison de trafic".

Le deuxième : "Vous faites de la maison de mon Père, qui est pour tous, une maison pour quelques-uns".

Alors, que nous dit ce texte aujourd'hui ?

Prier, ce n'est pas marchander avec Dieu.

Donnant Donnant, plus je donne, plus il me Donnera !

Croire que, pour obtenir quelque chose de Dieu, il faudrait payer un prix élevé est une erreur.

Non, Non, et Non !

Jésus nous rappelle, de ne pas transformer la prière en commerce. Il ne veut pas que l'on défigure le visage de Dieu. Il souhaite que la maison de son Père reste ouverte à la prière confiante de toutes ses filles et de tous ses fils.

- On ne prie pas pour que Dieu sache, mais parce qu'il sait ce dont nous avons besoin.

- On ne prie pas pour qu'il agisse, mais parce que nous croyons qu'il agit pour le meilleur.

- On ne prie pas pour être aimé de lui, mais parce que nous sommes déjà aimés de lui.

- On ne prie pas pour qu'il soit avec nous dans les bons comme dans les mauvais jours, mais parce qu'il est déjà avec nous.

Ce n'est pas l'homme qui agit sur Dieu ; c'est Dieu qui agit dans le cœur de l'homme.

Lorsque vous priez, ce n'est pas vous qui rappelez à Dieu qu'il doit vous éclairer : c'est vous qui lui permettez de vous éclairer. Prier, c'est ouvrir son cœur pour accueillir sa lumière.

La prière ne se monnaye pas avec Dieu. Elle est l'accueil d'un amour gratuit.

Je pense que tout est dit dans ce final. Parfois, la force des mots est nécessaire pour exprimer calmement les choses, les mettre sur la table et permettre un véritable échange.


Crédit Photos : DR, STLC Photographie, Claude St Leger, Moto Club des Potes, Bruno Pasqualaggi (Retouches photos et mise en page Bruno Pasqualaggi)

@ + Bruno Pasqualaggi "Le Taz" pour le Moto Club des Potes.


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