Pardon des Motards 2026

La 12 ème édition vous sera présentée en plusieurs parties.

Mais avant tout, remettons l'église au milieu du village, en quelque sorte.

Le Pardon, c'est une petite équipe qui, depuis ses débuts "ou plus exactement depuis la deuxième édition", autour de Nathalie, Valérie et Fred, le fait vivre avec l'aide d'une formidable équipe de bénévoles.

Mais avant eux, il y a eu le Père Philippe.

Quoi de mieux, donc, que de lui donner la parole ?

 

Je suis le Père Philippe, je suis prêtre du diocèse de Quimper-et-Léon, et aumônier des motards du Finistère.

Alors, ça remonte déjà à 12-13 ans, 12 car il y a eu le Covid donc ça compte pour du beurre.

Doncil y a 13 ans j’étais à table avec le curé de l’époque, le père Paul Bérou, moi j’étais à Quimperlé, et il y avait un autre diacre motard Bruno le Floc.

Et puis de fil en aiguille, on se dit que chez nous il n’y a pas de pardon motard,car la discussion était venue autour de ça.

On s’était dit qu’on pouvait regarder un peu les choses, et on s’est demandé comment on pouvait faire.

Dès le départ on s’est dit qu’on était quand même dans le Finistère, et que ceserait bien d’avoir un lieu qui serait à la fois un peu terrestre et un peu maritime.

Et c’est là que le curé de l’époque, Paul Bérou me dit : pourquoi est-ce que vous ne viendriez pas ici à Camaret, et en particulier autour de Notre-Dame de Rocamadour ?

Paul me dit que tout au long de l’année, il y a des motards qui viennent, ce qui est vrai et à plus forte raison l’été. Et c’est parti comme ça.

Alors il y a 12 ans, il n’y avait pas tous les réseaux sociaux, il n’y avait pas d’équipe, pas d’association, on s’est lancé comme ça.

Fred et Nathalie étaient juste là eux aussi. Donc on s’est dit "allons-y !".

On est parti sur une idée de date aussi, ce qui est moins évident ... On s’est dit qu’il était mieux évité l’hiver ou l’automne, parce que rouler sous la pluie en hiver ce n’est pas vraiment top. Donc on s’est demandé si on ne pouvait pas faire ça aux portes de l’été et des vacances.

Et c’est qu’on a dit essayons ledernier week-end du mois de juin.

Alors on avait le lieu, et après on s’est demandé comment on allait faire pourcommuniquer, car au départ ça se fait beaucoup du bouche à oreille vu qu’onn’avait pas les réseaux sociaux et les affiches. Le jour J arrivant, on s’estdemandé comment ça allait répondre avec une petite inquiétude.

J’avais monté une petite équipe pour essayer de penser le concept. Au départ, c’était simplement une messe dans la chapelle avec bénédiction.

Après, sur la questionde combien de motards il allait y avoir, on s’était dit que si on faisait 200 motards sans pub ni rien, on allait être content.

Et on a été surpris le premier jour avec 824 motards pour la 1ère année.

Quand on a vu ça, on s’est dit que ça commençait fort, et donc ça a commencé comme ça.

Après on s’est dit que si le nombre augmentait tous les ans, on allait devoir changer de lieu, tout en gardant quand même la proximité de la chapelle, c’est pour ça que depuis 10-11 ans on met le petit podium derrière et on fait la messe en plein air.

Voilà.


Merci Père Philippe.

Hé oui !

En 2013, il y avait bien 824 motards pour 580 motos.

Alors, lorsque certaines personnes mettent ces chiffres en doute, elles devraient parfois se taire ou sortir de leur trou noir de méconnaissance.

Passons maintenant à la suite.

Comment ça marche ?

Une telle organisation demande énormément de travail en amont. Sachez que tout ce qui va vous être présenté a été réalisé entièrement bénévolement.

Car non, ce n'est pas une organisation pleine d'argent qui met en place cet événement, mais une organisation pleine d'enthousiasme, composée de femmes et d'hommes qui donnent de leur temps afin que ce Pardon puisse exister.

Elle s'appuie sur une équipe de bénévoles tout aussi investie, qui consacre son énergie et son temps afin que le Pardon se déroule dans les meilleures conditions.

Malgré la crise que traverse aujourd'hui le monde du bénévolat, le Pardon, lui, fait le plein... et même davantage, puisque toutes les bonnes volontés ne pourront malheureusement pas être retenues.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que l'équipe d'organisation respecte ses bénévoles.

Elle est attentive à leurs besoins, à leur écoute et prend en compte leurs remarques.

Les trois témoignages de bénévoles que vous allez découvrir cette année illustrent parfaitement cet esprit de convivialité qui fait l'âme du Pardon.

Donnons la parole à Patrick :

 

Je suis motard depuis 1972. Orléanais de naissance, Breton d'adoption, j'ai effectué toute ma carrière dans la Marine nationale. Après plusieurs affectations, je me suis installé en famille à Camaret.

Aujourd'hui, je vis à Pont-l'Abbé, en Pays Bigouden, et je roule sur une Harley-Davidson Sportster Iron 883, pour les initiés.

Je suis bénévole au Pardon depuis cinq ans. Tout a commencé grâce à d'autres bénévoles que j'ai rencontrés lors de mes escapades à moto à Camaret, autour de quelques glaces italiennes dégustées à L'Espadon, le QG du bout du monde.

L'amitié et la convivialité m'ont convaincu de franchir le pas et de rejoindre cette belle association de copains. De magnifiques rencontres ont renforcé ces liens et c'est toujours un immense plaisir de se retrouver chaque année à l'occasion du Pardon.

Dans le cadre de mon engagement, je participe à l'accueil des participants, à la gestion des flux de circulation à l'arrivée et au départ, à l'orientation des motards et des visiteurs sur le site, ainsi qu'à la sécurisation d'un point stratégique du parcours en lien avec les autres bénévoles et le responsable sécurité.

Je contribue également au maintien d'une ambiance conviviale et respectueuse.

Cet engagement est entièrement volontaire. Il est motivé par l'esprit de solidarité, le respect de la tradition du Pardon et le plaisir de contribuer à un événement local, fédérateur et profondément humain.

Je pense avoir fait le tour de ce qui m'a amené à m'engager pour le Pardon.

Bien cordialement à toutes et à tous, et amitiés motardes.

Maintenant, donnons la parole à Maëva :

 


Je m'appelle Maëva et je suis une fidèle du Pardon des Motards depuis 2018. Au début, je venais à moto ; ces dernières années, je suis venue en famille.

Depuis plusieurs années, je pensais devenir bénévole, sans jamais oser franchir le pas.

Puis j'ai vu sur la page Facebook que l'organisation recherchait de nouveaux bénévoles pour la prochaine édition. Je me suis dit que c'était le bon moment... et me voilà !

Ma première journée en tant que bénévole a été extraordinaire. Je me suis sentie immédiatement intégrée et particulièrement bien accueillie par les organisateurs ainsi que par l'ensemble des bénévoles.

La question est donc : est-ce que je reviendrai l'année prochaine ?

La réponse est un immense OUI !

J'allais oublier de vous préciser que je suis la marraine de Lya, qui a ouvert la cérémonie de la bénédiction.

Et voici Paul :

Il aura fallu attendre de nous retrouver à Camaret pour faire connaissance avec Paul ... Alors que nous avons vécu à moins de 200 mètres l'un de l'autre à Montreuil, en région parisienne, fréquenté les mêmes associations et partagé bien d'autres points communs.

Comme quoi, il fallait venir jusqu'à Camaret pour enfin prendre un café ensemble !

 

Toujours attiré par la moto, je n'ai pourtant passé mon permis qu'au moment de prendre ma retraite.

J'ai eu la chance de tomber sur un excellent moniteur, Éric, à Douarnenez, qui, malgré mon âge, m'a accompagné jusqu'à l'obtention du permis.

Parti acheter une 600 cm³ pour débuter, je suis finalement revenu avec une Honda CBF 1000, dont je ne me suis séparé que récemment, non sans regret. Mais à 74 ans, il faut savoir être raisonnable.

Ayant des attaches à Camaret, j'ai participé aux premières éditions du Pardon des Motards.

Ce rassemblement a immédiatement rencontré un grand succès grâce à la convivialité, à la fraternité et au respect des autres, des valeurs profondément ancrées dans le monde motard.

Après quelques années d'absence consacrées à ma santé, revenir cette année a été un immense bonheur. L'esprit de fête et de partage est toujours présent, tandis que l'organisation, menée par Nathalie, Valérie et toute leur équipe, s'est encore renforcée.

À l'accueil café, avec une équipe de bénévoles particulièrement sympathique, nous avons accueilli les motards dans les meilleures conditions afin qu'ils gardent un excellent souvenir de cette magnifique journée.

Paul

À travers ces trois témoignages, certains me diront que c'est la même chose partout.

Je leur répondrai malheureusement que non.

Fort de plus de 43 années de vie associative, j'ai vu des organisateurs sans aucun respect pour leurs bénévoles, des présidents d'association incapables d'intégrer de nouvelles personnes, créant des clans au sein même de leur structure.

Le sujet mériterait d'ailleurs un article à lui seul... probablement beaucoup plus acide.

Entre les associations créées uniquement pour nuire au voisin, celles qui fonctionnent en vase clos entre copains, celles qui rejettent toute nouvelle tête par manque d'ouverture d'esprit, celles qui jugent une personne en moins de trente minutes sans même la connaître, ou encore celles qui utilisent la violence ou l'intimidation comme mode de fonctionnement "certains semblent même avoir pris Sons of Anarchy pour un modèle" la liste est malheureusement longue.

Et pourtant, ce sont parfois les mêmes qui prétendent lutter contre le harcèlement ou la violence scolaire...

Je reviendrai sur cet aspect du bénévolat dans ma conclusion.

Revenons maintenant au Pardon des Motards 2026 et découvrons son envers du décor.

L'envers du décor

Tout est une question de communication, disait un chercheur du CNRS.

Cette année, Valérie n'en a pas fait davantage que les années précédentes, mais elle a travaillé différemment, en s'appuyant notamment sur des outils d'intelligence artificielle.

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Les différentes publications diffusées sur Facebook montrent que la communication en amont de ce rassemblement est pensée pour que tout se déroule dans les meilleures conditions, dans le respect de chacun, sans jamais perdre de vue l'objectif premier de ce rendez-vous : un recueillement œcuménique* gratuit.

L'organisation ne cherche pas à paraître, elle cherche simplement à bien faire. Elle travaille avec sérieux afin que tout fonctionne au mieux, ce qui devient malheureusement de plus en plus rare dans notre société.

Je tiens également à exprimer ma gratitude envers l'organisation pour avoir accepté cette affiche que j'ai élaborée. Tout y est expliqué.

* Les initiatives œcuméniques rassemblent des personnes de différentes confessions autour d'un temps de prière ou de recueillement. Dans le cas présent, il s'agit d'une bénédiction destinée aux motards et à leurs machines.

Dès le samedi, les bénévoles sont déjà à pied d'œuvre pour installer le site.

C'est en comparant l'avant et l'après que l'on mesure réellement l'ampleur du travail accompli.

Avant

Après

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Le Rassemblement

À 6 h 30, Camaret se réveille doucement.

Les bénévoles arrivent progressivement afin de terminer les derniers préparatifs.

Vers 7 h 30, la pluie fait son apparition. Pourtant, elle ne décourage pas les premiers motards qui commencent déjà à rejoindre le site.

Quoi de mieux, alors, qu'un album photo pour raconter cette matinée ?

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Au fil des heures, la météo devient plus clémente et laisse place à un ciel plus accueillant.

L'arrivée de ce cortège de Trikes a offert un spectacle aussi impressionnant que convivial.

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Les arrivées se succèdent sans interruption.

Malgré une météo capricieuse en début de matinée, on peut estimer la fréquentation à environ 2 500 motards pour près de 2 000 motos, une très belle participation.

J'ai également eu un véritable coup de cœur pour cette jeune motarde de 19 ans, venue avec son 50 cm³ aux couleurs de Flash McQueen.

Son look, inspiré de la pop culture japonaise, était totalement assumé et correspondait parfaitement à sa personnalité.

Pour avoir eu la chance de me rendre à Tokyo dans les années 1980 et d'y découvrir le phénomène des BOSOZOKU**, j'y ai immédiatement pensé.

Si elle lit ce reportage, je lui donne rendez-vous en 2027 pour une interview, ou qu'elle prenne contact via notre site.

** Les BOSOZOKU désignent au Japon des bandes de jeunes motards reconnaissables à leurs motos très personnalisées, leurs tenues extravagantes et leur style directement inspiré de la culture manga.

La bénédiction

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La cérémonie débute avec Lya, qui ouvre la bénédiction au guidon de sa mini-moto.

Derrière elle, les participants avancent tranquillement afin de recevoir leur bénédiction.

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À mon tour, je me présente également.

Pour les esprits les plus cartésiens, je vais expliquer pourquoi je suis ici.

Tout d'abord, parce que le bénévolat fait partie de mon ADN*** depuis toujours.

Mais si je participe également à ces rassemblements œcuméniques, c'est pour une raison beaucoup plus personnelle. À la fin des années 1980, j'ai perdu ma première épouse.

Participer à ces cérémonies est, pour moi, un devoir de mémoire. C'est aussi une pensée pour tous mes amis tombés en opérations extérieures, victimes d'accidents de moto ou simplement partis trop tôt.

*** ADN : molécule qui contient l'ensemble des informations génétiques d'un être vivant. J'utilise ici cette expression pour dire que le bénévolat fait partie de moi depuis toujours.

Avant de conclure, je souhaite également rendre hommage à deux autres bénévoles... à quatre pattes.

Link et Menkyi, deux magnifiques Dogues du Tibet, véritables boules de poils d'une gentillesse exceptionnelle.

Bien sûr, leur caractère doit beaucoup à l'éducation que leur ont donnée leurs maîtres, Muriel et Gérard.

Conclusion

Notre société devient de plus en plus individualiste et centrée sur elle-même. Dès qu'un groupe se forme, celui qui est différent finit souvent par être mis à l'écart. La critique devient facile. Le jugement encore plus. On préfère parfois rester entre soi plutôt que d'aller à la rencontre des autres.

Malheureusement, ce phénomène touche aussi le monde associatif. Là où les bénévoles devraient avancer côte à côte pour une même cause, partager leurs expériences, échanger leurs idées et construire ensemble, il arrive qu'ils se retrouvent face à face, chacun défendant son territoire, comme si les autres devenaient des adversaires.

Pourtant, il serait tellement plus simple de profiter de l'expérience des autres plutôt que de les critiquer ou de les juger sans réellement les connaître. Parfois, une simple question est interprétée comme un ordre. Parfois, la méfiance prend le pas sur le dialogue. Et lorsque la haine ou les préjugés s'installent, le combat est perdu d'avance.

S'il y a une idée que je retiens de ce Pardon, c'est celle-ci : Il est toujours plus beau d'avancer côte à côte que face à face.

Rire aux dépens des autres n'a jamais fait grandir personne.

À la suite de mon précédent article consacré aux couleurs des motards, Franck m'a écrit :

"Salut Le Taz. Je roule en 1000 Fazer et je porte des couleurs … On se moque régulièrement de moi … Merci pour ton reportage. Désormais, je saurai quoi répondre à mes détracteurs."

Des Franck, il en existe beaucoup, comme il existe malheureusement beaucoup de personnages qui ne sont que dans la critique gratuite.

Alors, arrêtons de juger !

Lors de tous les Pardons, nous devrions tourner une page, avancer ensemble, dans le respect de chacun. Le monde ne s'en porterait que mieux.

Il y aurait probablement un peu moins de haine dans une société qui en déborde déjà.

Est-ce un vœu utopique ?

Peut-être.

Mais après tout...

Lors d'un Pardon, tous les rêves sont permis.


PS : Comme chaque année, l'équipe de la tour Vauban nous a chaleureusement ouvert ses portes. Un grand merci à eux pour leur accueil et leur disponibilité.

Également appelée tour de Camaret ou tour Dorée, la tour Vauban est une remarquable tour défensive polygonale construite selon les plans de Vauban. Édifiée entre 1693 et 1696 sur le Sillon, à Camaret-sur-Mer, elle est aujourd'hui l'un des symboles de la commune, au point de figurer sur ses armoiries.

À l'époque, cette fortification jouait un rôle essentiel dans la défense de la rade de Brest, en protégeant les accès orientaux. Son importance stratégique en faisait un élément majeur du dispositif défensif imaginé par Vauban.

L'accès à la Tour nous a permis de réaliser quelques clichés.

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Et vous !

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Crédit Photos : Valérie, Isabelle & Bruno Pasqualaggi (Retouches photos et mise en page Bruno Pasqualaggi)

@ + Bruno Pasqualaggi "Le Taz" pour le Moto Club des Potes.


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