Interview de Gérard Rolland

En direct de Cahors

Copyright © DR Les Interviews des Potes by Moto Club des Potes


Il y a des hommes dans notre monde qui sont faits pour la moto plus que d'autres sans pour cela être en haut de l'affiche. Des hommes qui marquent des générations de motards par leur charisme et qui par leur unique présence impose le respect, tel est Gérard. Au lieu de nos traditionnelles interviews je vais vous laisser avec un récit d'une vie consacré à la moto, écrit par lui même. Jamais un texte m'aura autant fait dire lors de la lecture "Ho ! Merde!" "Ho ! Putain la Vache !" etc.... Tellement je retrouve dans le parcours de cet homme des points communs avec mon propre chemin. Dire que l'on s'est croisé des dizaines de fois sans jamais se rencontrer, alors j'ai pris mon VFR et Go Cahors pour aller compléter ce récit par une rencontre en direct.

Les interviews sont là pour vous présenter des personnages et peu importe le format quand, comme ici, l'histoire est passionnante.

Encore aujourd'hui Gérard malgré la retraite est toujours sur les routes en moto et court de course en course tous les week-ends.

La sécurité routière pour les motards est un sujet qui l'anime aujourd'hui et son rêve est de voir la construction d'un circuit dans les environs de sa ville de Cahors, ou il nous a reçu dans son ancien magasin "Quercy Moto".

Il n'a pas loupé à la question qui tue, mais ne donnera pas la même réponse en audio car en Off : il nous raconta que ses parents à sa naissance ont eu le choix entre un nain qui ne portera que des slips avec un outillage à faire rougir un régiment de bonne sœur ou un grand blond toujours en caleçon. De la il te précise qu'il n'est pas blond et ni grand …je vous laisse à vos conclussions.

La question qui tue en Live

François Cominardi  - Copyright © Les Interviews des Potes by Moto Club des Potes

A écouter


Les Photos qui accompagnent le texte de Gérard sont à son crédit et viennent de multiples photographes. Pour en connaître les légendes, allez faire un tour sur son profil Face book ici :. Attention elles ne sont pas dans l'ordre du texte, car elles ne sont là que pour susciter votre curiosité. Mais sur toutes se trouvent Gérard à un moment de sa vie.


J'aurai jamais du l'essayer….la bleu du paternel

En 1958, j'avais 9 ans et rien ne semblait vouloir me destiner à la pratique du deux roues. Pourtant, cette année là, craignant l'afflux de pèlerins pour le centenaire de l'apparition de Bernadette Soubirous à Lourde, mon père qui exerçait le métier de limonadier, s'est acheté une Mobylette Bleue pour continuer à visiter ses clients. Pour lui, c'était un vulgaire outil, pour moi ce fut un coup de foudre. Au rencart le vélo ! Je venais, sans le savoir, d'attraper une maladie incurable dont je ne suis toujours pas guéri cinquante et un ans après: la passion de la moto. Un peu plus tard, mes parents vendent leur affaire et retournent sur Cahors dont nous étions natifs. Ils achètent un bistrot, " le Tivoli ".
Au lycée Gambetta mes livres d'écoles préférés ne sont pas bien épais. Ils ont une couverture rouge avec un rond blanc au milieu et ont pour nom " Moto Revue ". Je suis du genre près du radiateur, la majorité des enseignants me laissent peinard à lire et étudier mon hebdo préféré. Avec le recul je leur en veux un peu. Le seul qui m'a fait bosser, c'est Monsieur Thamié, le prof de français: ancien résistant, communiste (pourtant pas de Petit Livre Rouge sur le bureau), un type formidable en fait, que je n'ai pas oublié. Et si je peux vous raconter, à peu près correctement ma vie, je le lui dois.

Dans les caves voûtées du bistrot, mes parents finissent par ouvrir une boîte de nuit " le Copenhague ", ouverte presque 24 heures sur 24. Ils bossent dur. Moi, j'arrive presque à passer entre les mailles du filet quant à mes résultats scolaires même si j'ai peut-être du signer quelques cahiers de notes! Du coup, je sors du lycée sans aucun diplôme, ce qui n'inquiète pas mes parents eux-mêmes autodidactes. Et moi encore moins car j'ai du "bagou", et comme tout fainéant révolté, quand je me fixe des objectifs, en général, je les atteins.

A 14 ans, je me retrouve donc direct au boulot. Je bosse derrière le comptoir familial, dans un métier où si l'on sait se retrousser les manches et que l'on n'a pas peur de bosser 12 heures par jour, on gagne pas mal d'argent. Au bout de quelques mois, j'ai enfin de quoi me payer mon premier cyclo. Mon père me suit chez " Combes " le vendeur local Motobécane, il ne connaît que cette marque (souvenez vous "la mob") et tous deux veulent me refiler une meule au look sport avec une courroie et une boîte à vitesse, un truc improbable. Il n'en est pas question !!!!

Ce que je veux, c'est un Mondial Monneret à frein à disque à câble à l'avant. En douce, je me renseigne par téléphone. La bête est disponible à Lyon chez Benjamin Savoye et ils me font 20% de remise. A cette annonce, mon père en reste bouche bée. Il connaît mon caractère et finit par céder. Quelques jours plus tard, j'ai le cyclo de mes rêves, encore plus beau en vrai que sur catalogue. Un rouge sang pailleté, avec des décors argent...superbe. Mes temps libres sont désormais consacrés aux nettoyages, démontages et à de savantes études sur le "pourquoi du comment". C'est ainsi que je rentre en contact avec le petit noyau local de pratiquants de deux roues sur Cahors. A l'époque, nous étions en fait moins d'une dizaine et nous nous retrouvions le soir chez Jean Pierre Lalo, une légende vivante, réputé pour avoir avec sa BSA, coupé en deux une 2 Chevaux. Le conducteur de la "deuche" n'avait rien eu mais lui, il avait pris grave: les deux bras et les deux jambes amochés. Pendant sa longue convalescence, il s'était commandé une Honda CB 77 qui l'attendait chez le revendeur Peugeot. Je me souviens que j'ai du aller la voir trois mille fois avant lui, tant elle me fascinait cette brèle. Mais je n'avais pas l'âge d'en avoir une et un Mondial, c'était pas mal non plus. Jean Pierre Lalo était un vrai motard, un mec adorable. Toutes les sorties que nous effectuions avec lui étaient un mini Grand Prix sur route ouverte et moi, avec mon 49 ccm3, je suivais... mais à quel prix ! Je respectais les stops, ça c'est sûr, et les feux rouges... quand ils ne duraient pas trop longtemps. Il y avait sûrement un bon dieu qui veillait sur moi... aujourd'hui encore. Remarque, il me devait bien cela, car je lui avais consacré deux ans de ma vie. En effet, durant notre séjour dans les Hautes Pyrénées, mes parents nous avaient scolarisés, moi et mon frère, en pension au petit séminaire de St Pé de Bigorre et j'ai même chanté à l'inauguration de la basilique souterraine. N'allez surtout pas croire que j'étais un Saint en devenir! Oh que non. Mais je n'ai jamais compris pourquoi nous avions été mis dans cet établissement, même si à l'époque, et c'était courant dans les familles, il fallait former les enfants à la dure. Là, nous étions servis !

J'ai également passé une bonne partie de ma jeunesse chez Pierrot et Pierrette Vidaillac, le seul concessionnaire Honda de France, à Labéraudie près de Cahors, dans une cour de ferme. Pierrot était un ancien mécano Renault, il s'était mis à son compte dans la maison familiale. Passionné lui aussi de motos, il a vite acquis une très sérieuse réputation, car il n'était pas qu'un simple mécano mais un tout bon, maniaque, Je lui dois beaucoup, il m'a appris la mécanique. Je lui ai posé un million de questions, je voulais tout comprendre, j'y allais jour et nuit. Souvent, le soir, après avoir mangé, je revenais chez eux. Nous regardions la télé enfin la seule chaîne disponible à l'époque avec notamment "La Piste aux Etoiles". Ensuite, nous filions vers l'atelier où nous bossions jusqu'à des heures impossibles. Pierrot Vidaillac vendait toutes les marques possibles. En plus des Honda, des italiennes Morini, Ducati, des Suzuki, Kawa et autres... il avait une BSA A7 avec des pots Dunstall et une poêle à frire comme frein avant. Rendez-vous compte, sa réputation dépassait les limites du Lot et les Toulousains venaient même chez lui pour faire réparer ou acheter des motos. Dans ces années là (1964/ 67) les magasins étaient plutôt rares et il fallait être très patient. Chez Pierrot, pour une chute il fallait attendre au minimum 6 mois. Et si vous aviez le tord de gueuler, vous en preniez minimum pour trois mois de plus. Pour acheter une paire de bougies, il fallait facilement une bonne journée. Une époque formidable où j'ai passé des moments inoubliables. Il avait deux filles magnifiques, mais à l'époque je m'en foutais comme de l'an quarante... je m'en suis rendu compte beaucoup trop tard. Il n'avait qu'un seul défaut, il voulait me taxer. Souvent, en douce, quand son épouse était au boulot (elle était fonctionnaire) nous partions du garage nous tirer une petite bourre. Lui en bleu de travail et souvent pieds nus. Une fois sur trois, il finissait sur le béret alors je vous raconte pas les engueulades de Pierrette à son retour. Mais badigeonné d'un demi litre de mercurochrome et en couinant un peu, il reprenait le boulot aussitôt. Rien de grave.

Copyright © DR Les Interviews des Potes by Moto Club des Potes
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En 1966, avec le noyau dur de motards cadurciens, nous décidons d'aller voir le Grand Prix de France à Clermont Ferrand. Après un voyage avalé au taquet, nous arrivons par le haut du circuit sur la courbe de Tèdre. Et là, devant nos yeux, nous voyons passer, les Hailwood, Yvy, Read, Pasolini, Milani etc.….. C'est le deuxième coup de foudre de ma vie. Pour preuve, j'affirme à mes copains qu'un jour, sur la piste, ce sera moi. Ils ne se rendaient sans doute pas compte que ce n'était pas une décision à la légère. Au retour de Charade, je vends mon fidèle Mondial, et en 1967 je passe mon permis moto car je viens d'avoir 18 ans. Je m'achète une 250 Aermacchi Ala Verde pour courir, mais je l'utilise aussi sur route. Je m'inscris à l'écurie Valentré où il y a une section moto. En 68 je m'engage à la course du critérium sport au MC d'Auvergne. J'ai le numéro 99, je suis prêt, mais malheureusement la course est annulée en raison des événements de mai 68. J'accuse sérieusement le coup mais je rebondis tout de même vite. Mon écurie organise une course de cote, Roquebillière, le 1er Mai. Je décide d'y participer, mon copain concessionnaire Pierrot également. Je me sens imbattable dans mon jardin, il y a un joli plateau. Mais en fait, celui que je redoute le plus c'est Pierrot. Je connais l'oiseau et je sais que s'il va au bout il est redoutable. Je gagne les montées du matin. Le midi, Pierrot est rentré chez lui, il n'a pas mangé pour pouvoir bricoler la BSA et gagner les derniers chevaux. L'après midi, il ne reste qu'une montée. Je la réalise et améliore même mon chrono. Mais il reste Pierrot. En haut, j'attends son arrivée mais il n'arrivera jamais...il a fait un tout droit dans une épingle, s'est cassé la clavicule et a plié la fourche...ouf !!!! Enfin, façon de parler. Le soir je lui porte sa coupe de second, un petit cocotier. Et je me souviendrai toujours de sa réflexion sur son lit de douleurs: " tu n'as pas plus petit ?". Je n'imagine même pas l'enguelade de Pierrette. Sûrement un grand moment car 40 ans plus tard, elle râle toujours. Sérieux lorsqu'on en rigole aujourd'hui encore, Pierrette démarre au quart de tour. Pourquoi plus haut, j'ai écrit "ouf !". Parce qu'en course, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Et lorsque votre meilleur ami s'en prend une (à condition que ce ne soit pas trop grave), vous ne pleurez pas. Ceux qui affirment le contraire sont des menteurs.

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Cette première victoire confirmera ma passion à jamais, pour la compétition. Fin 68, je vends mon Ala Verde pour acheter une 250 Ossa suite à un essai lu dans mon livre d'école préféré. Oui, celui avec la couverture rouge et le rond blanc. Ah, j'allais oublier une bande de Parisiens qui venaient en vacances, dans le Lot, à Marcilhac sur Célé: Christian Lacombe, François Beau, Charles Lebled, Pierre Blosser et Cie…..des "soudeurs" comme nous, aussi déjantés sinon plus. J'ai peine à imaginer le pauvre malheureux qui nous croisait en bagnole... s'il était cardiaque,…. paix à son âme !.

Donc, début 69, j'acquiers la 250 Ossa. Coté moto je pense franchement avoir fait le bon choix. Il ne me manque que l'équilibre, le régulateur et de la chance. Mais sur ce dernier point, on ne choisit pas vraiment car sans le facteur chance, la compétition peut aussi devenir un véritable cauchemar. De mon côté, autant le reconnaître, j'ai eu du bol renforcé par une rencontre divine, avec Monique, qui deviendra ensuite mon épouse et qui est toujours à mes côtés aujourd'hui pour m'épauler dans ma passion, et me supporter (dans les deux sens hein !).

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1969, première course de la saison. La côte Lapize. Je pointe deuxième derrière un certain Jean François Baldé. Mon père qui m'a suivi, me dit: "tu ne vas pas faire deuxième, nous avons fait 1200 km aller retour!!!!". Bon ok, je vais essayer de le battre cet inconnu sur sa T20. Mais entre temps il s'est mis à pleuvoir et dans le seul virage, un droite recouvert de ciment, je perds l'avant et finis sur le cul. En même temps je n'ai pas tout perdu: j'ai ma première photo dans la presse (l'hebdo rouge) avec un commentaire peu glorieux : "malgré la piste mouillée, la côte Lapize n'a pas vue beaucoup de chutes hormis quelques concurrents qui ont fait brutalement connaissance avec le macadam" Je vous dis pas à mon retour, le chambrage des copains. Normal: tu gagnes, tu as la meilleure moto. Tu finis sur le toit, tu es un blaireau. Remarque les règles du jeu sont simples et faciles à comprendre et ça, à n'importe quel niveau que ce soit. Et c'est encore d'actualité aujourd'hui …

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1969, je gagne le critérium des 250 sports et je fais le Bol d'Or avec Claude Guillotin, mais dans la nuit nous abandonnons sur bris du cadre. L'année suivante, Marcel Seurat pensait pouvoir récupérer la 250 Ossa usine à cadre coque et moteur à air. Du coup, nous nous rendons à l'usine où nous rencontrons Edouardo Giro..., mais il n'est pas question de laisser sortir la moto de l'usine. En revanche, Edouardo accepte de me préparer un moteur que j'utiliserai dans une moto de série pour les courses inter en 1970 et le Grand Prix de France.

Copyright © DR Les Interviews des Potes by Moto Club des Potes
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Début 70, au milieu de pilotes étrangers à Nogaro, je termine ma première course septième, à trois dixièmes de Michel Rougerie. Quelques jours plus tard à Montlhéry toujours en 250 inter mais qu'avec des pilotes français, je termine sixième. Vient ensuite le Grand Prix de France au Mans où j'ai la chance de rencontrer celui qui restera à jamais mon idole, Santiago Herrero. Pour ce GP, le réservoir de ma Ossa est trop petit et celui que m'a fait faire Seurat en catastrophe, ne se monte pas non plus. Je vais donc être obligé de m'arrêter pour ravitailler ...à l'arrosoir. Lors des essais, je fais le 23ème temps et termine 15ème à trois tours. Dans la Dunlop, je me suis fait passer avec quarante km/h de mieux. L'occasion de comprendre que pour rouler en Grand Prix, il faut un avion de chasse. Santiago se classe lui deuxième après être tombé au raccordement. Malheureusement il se tuera au Tourist Trophy un mois plus tard. J'ai oublié de vous dire que, cette année là, j'ai intégré l'armée au 28 i.e. Rima à Albi, début avril. Cette année la, je fais aussi les 1000 kilomètres du Mans avec comme coéquipier Christian Léon, mais sommes contraints d'abandonner sur casse ...d'un peu de tout, sur la Ossa. Ma femme Monique est enceinte, nous n'avons pas un rond, je décide d'arrêter les frais pour cette saison. Sûrement aussi la mort de Santiago Herrero qui m'a profondément affectée. Le 10 août, mon épouse met au monde mon fils Fabien, nous avons 20 ans tous les deux.

Fin mars 1971, je finis l'armée, retour à la maison. Je n'ai pas envie de faire le métier de mes parents, je veux faire mécanicien. Je rentre chez Renault à Toulouse comme OS1 (Ouvrier Spécialisé) et nous quittons le domicile familial, avec une Simca 1000, un enfant de 8 mois, très peu d'argent, mais un boulot qui me plaît. A l'époque c'est le plein emploi et il est facile de changer de travail et d'orientation. Et puis j'ai toujours aimé les défis. Toutefois, nous en avons bavé grave, mes parents ne me faisaient pas de cadeaux, mon père voulant sûrement nous mettre à l'épreuve. Au bout d'un an, je passe un concours et deviens mécanicien. Grâce à un salaire un peu plus confortable, nous pouvons nous payer notre petit rêve à nous trois: un petit frigo. Je me rappelle qu'avec mon épouse, nous l'avons chargé dans la Simca 1000, mais pas tout nu…:). Comment, je n'en sais rien, mais nous pouvions enfin boire frais à la maison. Quelques temps plus tard, j'accède au travail sur les R8 Gordini et les Alpine. Il fallait les aimer car ce n'était pas spécialement facile, surtout les Berlinettes, mais après réparation j'allais les essayer et je prenais mon pied. Au bout de la deuxième année, je prends la responsabilité de la station diagnostique. Cette année là (1972) Jean Rettaut, le président du moto club de Cognac (et également chauffeur particulier du patron des cognacs Martell) me téléphone pour savoir si je veux disputer les 24 heures de Zolder sur sa moto, une 250 Bultaco Metralla. Oh, que oui que je veux et devinez le nom de mon coéquipier: Charles Magne ... et Rolland ça avait de la gueule. Et nous voila partis pour Zolder où nous allons mener la catégorie 250 cm3 pendant 17 heures. La nuit sera très dure car cette moto avait un éclairage à volant magnétique et quand le régime tombait, nous devions avoir maximum 15 watts à l'avant. Quel souvenir! Au lever du jour, lors du premier tour de son relais, Charles, sûrement mal réveillé, loupe la chicane et plie la fourche, course terminée! Mais bon Jean Rettaut était très satisfait de notre course et promet de me donner un coup de main en 1973.

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Mais 1973 commence très mal ! Mon père se tue en voiture, à 46 ans. Nous n'avions pas vraiment eu le temps de nous apprécier, de parler, de nous aimer normalement. C'est con à dire mais je n'ai pas souvenir d'avoir été embrassé une seule fois. Pourtant, je savais qu'en cas de gros coup dur, il aurait répondu présent. C'était une génération où l'on cachait ses sentiments. Je ne sais pas pourquoi, sûrement par pudeur. Mais bon, ça vous laisse des traces et avec mes enfants j'ai un peu reproduit le même schéma. Aujourd'hui, je m'en veux beaucoup. Heureusement, j'ai encore le temps de me "rattraper", surtout avec mon petit fils Lucas, en attendant les autres. Ma mère me demande de revenir tenir le bistrot, car elle ne veut pas le garder. Je ne suis pas très chaud! Une fois qu'elle l'aura vendu, elle promet de m'aider à monter mon garage moto car c'est mon rêve, et elle le sait. Je quitte donc Renault et viens tenir le café et la boite de nuit. A 24 ans je n'étais pas vraiment préparé à tenir, avec mon épouse, une si grosse affaire.

Pour revenir à la moto, Jean Rettaut tient parole et m'aide. J'achète la moto, une Suzuki 500, à Franck Lucas à Toulouse. Pourquoi la Suze ? Sans doute Franck m'avait-il fait un super prix. Jean paie la préparation et les déplacements, grâce à l'aide de Noilly Prat, et Jacques Rocca (encore merci !) nous file pas mal de pièces. Nous montons une fourche de 750 Honda avec un double disque pour avoir du frein et virer le ralentisseur à l'avant. Toujours avec Charles Magne, nous participons aux 1000 km du Mans où nous terminons dans les 20 premiers, aux 24 h de spa où nous terminons 21 ème et au Bol D'or où nous terminons 19è sur 22 classés. Un Bol très dur, presque intégralement disputé sous la pluie !

En 1974 je vends la Suzuki et achète une 750 Honda à un copain. Elle est comme neuve, Jean lui achète de son coté un cadre Martin qu'il a juste un peu oublié de la lui payer. Cela, je l'apprendrai 34 ans plus tard au salon Moto Légende, mais après une petite procédure, Georges a finalement récupéré ses sous. Tout cela est oublié, à l'époque c'était assez courant que les passionnés dérapent un peu et deviennent amnésiques sur les factures dues ! Avec Georges Ligabue, mon copain et fidèle mécanicien qui aujourd'hui encore me suit partout, nous préparons la moto. Georges, je l'avais aidé à l'époque où il faisait lui aussi de la compète (le challenge 125 Honda S3 et la coupe Kawa). Notre moto était superbe, j'ai toujours été maniaque, formation chez Pierrot Vidaillac oblige. J'ai d'ailleurs eu le plaisir de la revoir en photo, ma " Martin n°54 au Bol d'or 1974", dans l'excellent bouquin écrit par Eric Breton sur la Honda CB 750. Avec un nouveau coéquipier, Gilles Julliard, nous participons aux 24 heures de Spa où nous terminons 13ème, puis 14è au Bol d'Or. Le moteur d'origine est vraiment trop juste pour être devant, mais chez Honda, Pierre Laurent-Chauvet commence à nous rendre visite. Il a remarqué la qualité de notre préparation et même Georges Godier vient jeter un œil à notre moto, à chacune de nos arrivées.

Entre temps, ma mère a vendu son affaire mais ne tient pas ses engagements pour m'aider à monter mon garage. Ma femme et moi nous retrouvons à la rue, sans rien. Je retrouve immédiatement un boulot de représentant dans une société de chauffage et pars vendre des chaudières sur le Lot et le Tarn et Garonne. Ca marche plutôt pas mal. Monique trouve du boulot à la mutuelle des PTT, elle y restera jusqu'à la retraite, l'année passée.

1975, j'ai toujours la Honda Martin, je change à nouveau de coéquipier. Pas pour une question d'incompatibilité d'humeur mais plus pour des raisons professionnelles, et c'est avec Pierre Blosser, dit "moustique" que je vais faire équipe. Je trouve un nouveau sponsor, les ventilations mécaniques contrôlées Aéroplast, un produit que j'avais dans mon catalogue de VRP. Nous participons aux 1000 km du Mans dont je ne me rappelle plus bien du résultat, aux 24 heures de Liège où nous terminons 13 é. Au Bol d'Or, là j'en prends une vraiment sévère, au musée, poignée de gaz bloquée en grand. Si je suis toujours vivant, je le dois au drame qui s'est produit en début de semaine. Morio Sumya, le malheureux pilote japonais de l'usine Honda, s'est tué à cet endroit même. Le circuit fut aménagé les jours suivants, avec des grillages de protection. Comme on dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cette tragédie et ce dicton prouvent bien que, quoiqu'on fasse, il faut une part de chance dans la vie et rétrospectivement, j'en ai eu pas mal.

1976, toujours avec Pierre Blosser, nous repartons pour une autre saison, mais un événement important va se produire au salon de la moto, à Paris. Honda vient de recevoir les motos à double arbres à cames et Laurent-Chauvet décide de nous confie tout le matériel d'usine des années passées, les moteurs et motos 860. Avec cet excellent matériel nos résultats s'améliorent de suite: 6 ème aux 24 heures de Liège, 5ème aux 1000 km de Mettet, mais au Bol d'Or, nous cassons malheureusement une soupape en pleine nuit.

En 1977, nous prenons la sage décision d'arrêter car même si nous prenions beaucoup de plaisir et si mon épouse était d'un soutien total, nous n'avons plus un centime de coté et toutes nos économies partaient dans la course. J'ai 28 ans. Je discute avec Charles Lebled, un ami qui venait souvent en vacances à Marcilhac sur Celé, un VRP comme moi, qui en avait marre de la route. Il veut se lancer dans un projet et comme c'est un passionné de motos, nous décidons de nous associer pour prendre la concession Yamaha. J'aurai bien voulu, dans un premier temps, travailler avec mon ami Pierrot Viadaillac et faire un grand magasin en ville, mais Pierrette n'a pas voulu. Elle pensait qu'avec nos deux caractères entiers, nous ne nous serions pas entendus. Avec le recul, elle avait sûrement raison. Je leur fais part de mon intention d'ouvrir un magasin Yamaha sur la ville et ils le comprennent. De toute façon si ce n'est pas toi, me disent-ils, quelqu'un d'autre le fera et ils me souhaitent bonne chance. Le marché est en plein boum et il y a suffisamment de clients pour nous deux sur la place.

Nous montons, Charles Lebled et moi, au salon de Paris où nous rencontrons Monsieur Cougourdan de Yamaha. Nous avons très peu d'argent en poche, juste de quoi monter les statuts de la Sarl. Dans un premier temps il nous faut obtenir la concession. Puis, si nous l'avons, surtout de ne pas se faire refiler des " nanars ", pour être sûrs de pouvoir les payer à échéance. En fait, nous étions partis pour acheter deux ou trois 125 DTMX, pas plus. Mais nous nous sommes bien vendus (c'était notre métier) et Mr Cougourdan décide de nous faire confiance. En revanche, il nous informe qu'il avait ouvert autre petit point de vente sur Cahors, le gars avait été réglo et il souhaitait le conserver. Il nous dit que nous ferions le point au prochain salon, pour savoir qui des deux serait le meilleur et qui deviendrait le vrai concessionnaire. Donc, sur une ville de 20.000 habitants et pour l'année en cours, il y aurait deux points de ventes. Et nous n'avons pas la force de refuser les fameux "nanars" style XS 750. Il nous dit que si nous étions venus que pour acheter des DTMX, nous nous mettions le doigt dans l'œil. Bon! Nous rentrons un peu inquiets. D'abord, nous sommes désormais deux revendeurs.... pas encore concessionnaires. Et puis les nanars comment va ton faire pour les payer ? Yam sortait de la douloureuse époque de ka TX 750 et l'image du 4-temps n'était pas au top. Finalement, tout se passe plutôt pas mal. Les DTMX se vendent toutes seules, les TY 125 très bien, les cyclos 49 cm3 (DT, RD, TY) encore mieux et au bout d'un an, nous avons vendu prêt de 150 motos neuves tandis que notre concurrent tire la langue. Nous avons vendus bien plus de 4-temps que ce que nous pensions et finalement le XS 650 et 750 n'ont finalement pas été un problème.

Copyright © DR Les Interviews des Potes by Moto Club des Potes
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C'est ainsi que, dès l'année suivante (1978), nous sommes officiellement nommés concessionnaire Yamaha sur le Lot. Nous avons aussi un très bon agent sur Gramat, Lucien Chiminello. Il avait lui aussi été livré en direct par Yamaha avant notre arrivée et Monsieur Cougourdan tenait à ce que nous travaillions en bonne harmonie avec lui. Nous avons eu que des bonnes relations avec Lucien, un très chic type et très réglo. Dans la concession, nous embauchons mon jeune frère Philippe qui sort d'un lycée technique (terre rouge) en mécanique et plus tard, un deuxième mécanicien, Jean Claude Kania. Mon frangin est très doué, un touche à tout. Plus tard, Yamaha le prendra comme mécano sur plusieurs Dakar. Il a aussi une autre qualité, il pilote super fort en tout terrain et sera durant plusieurs saisons, un épouvantail en moto cross et enduro 125 avec 6 titres de champion des Pyrénées et près de 200 victoires. Il aurait sûrement pu faire une grande carrière mais nos moyens ne nous permettaient pas de l'aider davantage et puis, il y avait le travail. Je peux vous garantir que les deux ou trois fois où il s'est cassé un truc, il manquait grave au boulot et mon associé pétait les plombs. Moi je voulais bien bosser, mais je voulais aussi être présent sur les circuits. Donc pour éviter les conflits, avec mon frère, nous ne bossions sur les motos de course que le soir et les week-ends venus. Nous avions aussi récupéré dès le départ un pilote ambassadeur qui officie maintenant au plus haut niveau comme speaker à Bercy et sur d'autres épreuves prestigieuses, Francis Magnanou. Francis venait courir comme pilote dans notre team et parfois, il ne prenait pas le départ ...préférant prendre le temps d'expliquer à nos futurs éventuels clients que nous étions les meilleurs. Quarante ans après, avec Francis nous nous marrons en évoquant cette époque. Autre moment fort de notre vie de couple avec mon épouse, l'arrivée d'Elodie le 22 décembre 1979, un beau cadeau de noël.

Chez Yamaha, de1979 à 1984 la gamme s'étoffe sérieusement avec l'arrivé de la XT 500, des 350/500 RDLC, de la gamme XJ (400/650/750 et plus tard de la 900) de la XS 1100, de la 1200 Venture et enfin d'une reine, la FJ 1200. L'investissement sur le Dakar a été primordial pour l'image de Yamaha et pour la gamme des Ténéré, XT, et Super Ténéré. Yamaha a toujours été à l'origine de grandes audaces et de concepts réellement novateurs, comme avec la TDM. Bien sûr, je suis un peu partie pris en écrivant cela, mais sincèrement je le pense. Il y a eu des motos qui auraient dû bien mieux se vendre, comme le TRX 850 par exemple. A force de réclamer toujours plus et toujours mieux, la presse a une forme de responsabilité dans son échec, comme pour d'autres machines. J'ai un peu l'impression que ce sont de grands enfants. Remarque, je suis un peu gonflé de leurs reprocher cela car moi, je le suis encore. Pardon les journaleux !

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Grâce à sa gamme et à la qualité de ses produits, à son réseau de concessionnaires, à la stratégie commerciale de sa filiale en France, Yamaha devient leader du marché motos français. La fiabilité de ses produits n'a vraiment rien à envier à ses concurrents. Bien sûr, il y a parfois eu des choix de couleurs plutôt moches et quelques flops. Comme la 550 XZ très bizarre de ligne avec ses tuyaux de douche sur le coté. Ou la TR1, une super moto mais loupée pour 3/10è de mm. En effet, les ingénieurs avaient trop descendu la chemise et le joint de culasse brûlait et finissait par rendre d'âme. Nous avons refait l'essai sur Moto Journal qui trouvait sa tenue de route mauvaise... ils avaient monté un pneu trop gros et leur moto guidonnait. Ils rectifieront leur jugement après être monté sur la nôtre. Nous l'aimions cette moto, nous en avons vendues 22 et je ne peux pas l'affirmer, mais je me demande si nous n'avons pas été le meilleur vendeur de France. Yamaha rectifiera le tir en envoyant des cales de chemise et une fois cette modification effectuée, elle était béton cette moto.

Une autre étape importante de la vie de notre magasin fut l'aide que nous apporterons à Jean-Luc Fouchet de 1982 à 1984. Une collaboration qui sera couronnée par un titre de vice-champion de France 125 inter en 1982. En 1983, il se casse aux essais hivernaux. En 1984, il décroche le titre 125 inter et la place de vice champion au super championnat, derrière Jacky Vimond, champion du monde cette année là. Des résultats qui nous ont permis d'avoir une super image au niveau national. Du coup, nous vendions presque 100 motos de cross à l'année. Merci à lui !

Un peu plus tard, ce qui devait arriver, arriva. Mon fils Fabien a eu envie de courir. Nous ne l'avons pas influencé mon épouse et moi, mais il va s'impliquer très sérieusement. A ses débuts, il en bave franchement car il est en retard de croissance, il a le corps d'un ado de 14 ans, il va bosser dur, maintenant il est plutôt costaud et il a des bras à la Popeye. Durant sa carrière il va obtenir le titre de champion de France d'enduro national 125, terminer 9 ème de la première Gilles Lalay classic, décrocher plusieurs médailles d'or aux ISDE, un titre de vice champion du monde junior par équipe en Suède, et enfin un titre de vice champion de supermotard prestige en 450 cm3.

A chaque passage du Dakar, nous avons accueilli le team officiel Yamaha, les Bacou, Minguels, Stearns, Merel, JCO, Peterhansel, etc...dans la caravane du regretté papa Sudret.

Nous avons aidé beaucoup de pilotes: Bras, Mazet, Magnanou, Carles, Bragatto, Génibre, Bompa, Jouves, Delbos, Lafragette, Rodhes, Berthier, Sudret, Lorenzato, Célarie … j'en oublie surement. Tous furent au moins champion de ligue et trois ou quatre ont décroché des titres nationaux. En 1985, je rachète les parts de mon associé Charles, lequel deviendra quelques années plus tard, mon principal concurrent en reprenant la concession Honda sur Cahors. Notre premier local, rue Anatole France faisait 180 m2. Puis, nous déménagerons devant la gare, avec à peu près la même superficie mais beaucoup mieux placé. Plus tard, je vais acheter une ancienne concession auto, un très beau local mais inondable, au lieu dit Pech d'Angely. Là, j'ai eu un peu les yeux plus grands que le ventre et j'ai failli capoter entre 1992 et 95. En fait, je dois mon salut à la confiance que m'ont accordée, Jean Claude Olivier, Eric De Seynes, Jean Michel Santor, mon inspecteur Yamaha et enfin, à ma Banque, le Crédit Agricole du lot et notamment son directeur Monsieur Maffre et mon conseiller clientèle Monsieur Rémy Pernot. Mais ce local que personne n'avait eu le courage d'acheter, je l'ai fort bien revendu en 2003. En effet, mes nouveaux voisins très fortunés en avaient besoin. Nous nous entendrons pour que je parte dans de bonnes conditions, merci à eux. J'aurai pu m'arrêter, mais j'ai réinvesti sur mon dernier bâtiment rue Anatole de Monzie, surtout pour mon personnel.

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Quelques mois plus tard, une petite alerte sur le plan santé fut le signe évident qu'il me fallait " tirer le rideau ". Avec mon épouse, en 27 ans de travail, nous n'avions pris que 15 jours de vacances et je n'avais pas envie de me battre contre la maladie avec les mains derrière le dos. Depuis tout va bien, merci. J'ai donc revendu mon affaire à ma secrétaire et son ami. Nous avons fait beaucoup d'essais pour Yamaha, crée une série d'YZ 125 homologuée plutôt performante, un proto 660 supermotard qui a eu les honneurs de la presse dans plusieurs journaux, fait courir la première 400 YZF en supermotard et créé une présérie de 125 DTR supermotard en 1998 qui restera au catalogue chez YMF pendant plusieurs années.

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28 ans durant, j'ai été concessionnaire Yamaha. Avec des moments forts surtout humainement, des récompenses (17 ou 18 diapasons d'or), très peu de rapports conflictuels avec les clients, un métier pas facile, très passionnel avec ses avantages et ses inconvénients, mais que j'ai passionnément aimé faire.
Peut être en lisant ma vie allez-vous vous posez la question de savoir pourquoi mon fils Fabien n'a pas repris le magasin? Il n'a tout simplement pas eu envie de reproduire le même schéma : pas de vacances et une vie consacrée au magasin. Ca l'a dissuadé de faire ce métier. C'est vrai qu'avec mon épouse, il n'était pas rare que nous passions nos dimanches à nettoyer le magasin de fond en comble. Il n'avait pas envie de vivre comme nous l'avions fait. Il a voulu profiter de ses enfants, il est toujours dans le milieu et est devenu journaliste dans la mini moto.

J'ai eu la chance, c'est vrai, d'avoir eu une épouse comme la mienne, qui m'a énormément secondé. Tout comme mes enfants. En course aussi j'ai eu aussi pas mal de chance. Il n'est pas facile d'écrire sur sa vie, je n'ai pas que des qualités, loin s'en faut. Je suis bélier, donc je peux au choix: râler, m'énerver et avoir tout oublié cinq minutes plus tard. Je suis aussi un peu grande gueule (et oui le sud !) très maniaque aussi, mes clients m'appelaient Mr aspirateur et puis…je cherche... et bien des défauts je n'en trouve pas tant que ça. Et comme ce n'est pas ma femme qui écrit ce papier, je classe le sujet.

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Outre la concession, plusieurs années durant, j'ai été le président du Moto club Cadurcien. Avec ses fidèles membres, Michel, Pascal, Alain, Chantal, Jean Paul, Jean Marie, Jean Michel ….et plein d'autres, nous avons organisé des épreuves très importantes. Des motos cross à Lalbenque et Parnac, des enduros à Parnac, la coupe de France en 1990 et de 1993 à aujourd'hui, le supermotard de Cahors, en ville et sur le terrain d'aviation.

Une fois la concession vendue, avec mon épouse, nous avons enfin pris le temps de vivre pour nous. Nous sommes allés et allons voir régulièrement quelques Grands Prix, en moto de route: Assen, Estoril, Mugello, Valence, Barcelone ...pensez vous que soit fini ? Et bien non. J'ai même repris la compétition avec mon 350 RDLC: Moto Tour 2004/2005/2006/2007/2008, le moto tour Belge, le championnat de France des rallyes et cette année le Championnat d'Endurance Classique avec mon complice Laurent Cochet (Moto Journal), Mr vidéos. Merci au cabinet d'assurances Retro Assurances à St Céré dans le lot qui m'aide maintenant depuis plusieurs saisons.

En 2009 Marc Fontan m'a même engagé comme "responsable terrain" des pilotes sur son épreuve, le Dark Dog Moto Tour, mission que j'ai à nouveau remplie cette année.

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Voilà, j'ai fait le tour, d'une vie dans le même créneau " la moto ". Je ne regrette rien, bien au contraire. J'y ai trouvé, hier et aujourd'hui encore, une solidarité rare de nos jours. Je m'y sens de mieux en mieux, quand je vois tout ce qui se passe et se prépare. On est très bien entre nous, les passionnés, car sincèrement je plains les gens qui n'ont pas de passion dans la vie. Je me régale aussi sur mon ordinateur à communiquer sur Facebook, ce n'est pas que du virtuel. J'ai rencontré en vrai des amis "virtuels", nous échangeons des photos incroyables et c'est du bonheur de voir certains documents et photos. Sans ce réseau, nous ne nous serions jamais connus, comme pour le Taz.

Je tiens à remercier les personnes qui ont été près de moi et ça n'a pas été toujours facile. Des personnes sans qui, j'aurai sûrement baissé les bras: mon épouse Monique, mes deux enfants Fabien et Elodie, mon père, mon frère Philippe les personnes qui professionnellement m'ont accordées leur totale confiance, Jean Claude Olivier, Eric de Seynes, Jean-Michel Santor pour Yamaha et enfin ma banque le Crédit Agricole du Lot, tous mes anciens collaborateurs. Vous vous êtes tous investis à 100% à mes cotés. Merci aussi à mes anciens clients qui, pour beaucoup, sont devenus des amis. Chaque fois que je reviens à mon ancien magasin, leurs témoignages d'affections me prouvent que je n'ai pas trop mal fait mon travail.

Merci à vous tous.

Merci aussi d'avoir lu mon long compte rendu de ma vie……à suivre !!!!

& pour finir, merci au Taz d'avoir mis en ligne ce texte et fait cette interview.

@ + Gérard Rolland Copyright © DR Les Interviews des Potes by Moto Club des Potes


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